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Références bibliques à Marie, Mère de Jésus Christ Nouveau Testament
La référence paulinienne à une femme juive Marc : la première image de Marie dans les Évangiles L’esquisse de Marie par Matthieu Le protrait de Marie, la Mère de Jésus, par Luc L’Évangile de Jean et la Mère de Jésus La vision de l’Apocalypse : une femme revêtue du soleil (Apocalypse 11,15-12,17)
La vision de l’Apocalypse Pour appréhender la vision d’une femme vêtue du soleil, avec la lune à ses pieds, il faut situer le texte par rapport au contexte qui précède. Ce dernier décrit le septième ange soufflant dans sa trompette, un des temps forts de la vision offerte au voyant (Jean, l’Ancien). La portée messianique du texte est claire : · Apocalypse 11,15-19 : Le septième ange. 15 Et le septième ange sonna… Alors au ciel, des voix clamèrent : « La royauté du monde est acquise à notre Seigneur ainsi qu’à son Christ ; il règnera dans les siècles des siècles. » 16 Et les vingt-quatre Vieillards qui sont assis devant Dieu, sur leurs sièges, se prosternèrent pour adorer Dieu en disant : 17 « Nous te rendons grâce, Seigneur, Dieu Maître-de-tout, “Il est et Il était”, parce que tu as pris en main ton immense puissance pour établir ton règne. 18 Les nations s’étaient mises en fureur ; mais voici ta fureur à toi, et le temps pour les morts d’être jugés ; le temps de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints, et ceux qui craignent ton nom, petis et grands, et de perdre ceux qui perdent la terre. » 19 Alors s’ouvrit le temple de Dieu, dans le ciel, et son arche d’alliance apparut, dans le temple ; puis ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre, et la grêle tombait dru… Dans cette scène, jugement et salut sont tous deux annoncés. À la lumière de ce qui suit dans la vision de la femme, nous sommes conduits à comprendre que l’ultime victoire eschatologique du Messie est à venir, mais que, en même temps, la mort de Jésus sur la Croix est la réelle victoire sur les forces du mal. Un peu à la façon de l’eschatologie à la fois déjà réalisée et encore à venir de l’Évangile de Jean, le live de l’Apocalypse contemple la mort de Jésus et y voit, déjà accomplie, la victoire ultime sur tout péché et sur la mort. Dans la scène du septième ange, c’est le dernier verset qui introduit le passage de la femme vêtue du soleil. Le verset 19 ci-dessus décrit la révélation de Dieu à travers l’arche d’alliance. Le symbole est repris de l’Ancien Testament et incorporé dans la nouvelle révélation après que celui qui a été transpercé est célébré le dimanche, Jour du Seigneur (cf. Ap. 1,7.10). Cette révélation de Dieu et de l’arche d’alliance est alors complétée par la vision de la femme représentant ceux qui suivent fidèlement le vrai témoin de Dieu, à savoir Jésus le Messie. Au chapitre 21, la femme sera le symbole de la nouvelle Jérusalem, l’épouse céleste. Là, elle est unie à Dieu et à ceux qui sont enfants de Dieu au moyen de la promesse de l’alliance « Je serai leur Dieu et ils seront mes enfants » (cf. Ap 21,7). Il est bon de se souvenir que ces visions se recoupent et se complètent les unes les autres. Les sept sceaux et les sept trompettes – et peut-être toute référence au chiffre sept – contribuent à unifier l’expérience visionnaire du voyant. C’est à ce moment qu’a lieu la vision de la femme et du dragon : · Apocalypse 12,1-18 : La Femme et le Dragon. 1 Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; 2 elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. 3 Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge-feu, à sept tête et dix cornes, chaque tête surmontée d’un diadème. 4 Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre. En arrêt devant la femme en travail, le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né. 5 Or la femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer ; 6 et son enfant lui fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône, tandis que la Femme s’enfuyait au désert, où Dieu lui a ménagé un refuge pour qu’elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours. 7 Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges, 8 mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. 9 On le jeta donc, l’énorme Dragon, l’antique Serpent, le Diable ou le Satan, comme on l’appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la terre et ses Anges furent jetés avec lui. 10 Et j’entendis une voix clamer dans le ciel : « Désormais, la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu, et la domination à son Christ, puisqu’on a jeté bas l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. 11 Mais eux l’ont vaincu par le sang de l’Agneau et par la parole dont ils ont témoigné, car ils ont méprisé leur vie jusqu’à mourir. 12 Soyez donc dans la joie, vous, les cieux et leurs habitants, car le Diable est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés. » 13 Se voyant rejeté sur la terre, le Dragon se lança à la poursuite de la Femme, la mère de l’Enfant mâle. 14 Mais elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert jusqu’au refuge où, loin du Serpent, elle doit être nourrie un temps et des temps et la moitié d’un temps. 15 Le Serpent vomit alors de sa gueule comme un fleuve d’eau derrière la Femme pour l’entraîner dans ses flots. 16 Mais la terre vint au secours de la Femme : ouvrant la bouche, elle engloutit le fleuve vomi par la gueule du Dragon. 17 Alors, furieux contre la Femme, le Dragon s’en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus. 18 Et je me tins sur la grève de la mer. Remarques exégétiques. La tradition catholique a développé deux interprétations du chapitre 12 de l’Apocalypse. L’une voit dans la femme l’image de l’Église, l’autre, l’image de Marie, la mère du Messie. Certains exégètes ne voient que la dimension ecclésiale de ce passage ; d’autres, que la dimension mariale ; d’autres enfin voient dans la combinaison des deux dimensions le symbole de la Jérusalem céleste. D’un côté, la femme représente Israël (la Fille de Sion), la nation d’où provient le Messie (cf. Isaïe 66,7 où Israël attend la naissance du Messie). L’auteur de l’Apocalypse, un juif devenu chrétien, « christianise » les passages et images qui dépeignent Israël. La femme devient alors l’Église, autrement dit l’accomplissement d’Israël, laquelle, tel l’Israël originel, est la mère de ceux qui sont fidèles à Dieu. Elle est en proie aux tribulations, mais reçoit l’aide de Dieu contre son adversaire, le dragon. La prostituée des chapitres 17-18 pourrait, par opposition, figurer la communauté qui a abandonné la foi et s’est alliée à l’ange déchu. D’un autre côté, des commentateurs et pasteurs médiévaux, ainsi que des exégètes et mariologues contemporains, voient en Marie la Femme et le modèle de l’Église de ce passage. Marie est la fille de Sion, expresison de la quintescence de l’ancien Israël, communauté de foi et d’obéissance, attendant la venue du Messie, communauté au sein de laquelle le Messie est né. Marie est aussi expression de la quintescence du nouvel Israël, peuple de ceux qui croient et sont justifiés en raison de leur foi, de ceux qui obéissent à la parole de Jésus et qui souffrent en témoignant de lui. Voici quelques brêves remarques sur certains verset de ce chapitre 12 : V. 1 : La femme est un heureux signe pour la communauté croyante car elle apparaît au plus haut des cieux alors que le péché se situe dans les abysses ou dans les régions inférieures. Elle est l’antithèse de la prostituée et, en tant que symbole, aussi parlante et importante que l’Agneau. Le soleil figure peut-être Dieu et est un rempart ou une protection entourant la femme qui représente la communauté ou l’Église. V. 2 : L’expression « elle est enceinte » (en grec, en gastri echousa) est appliquée à Marie en Matthieu 1,18.23. L’expression « dans les douleurs » (en grec, basanizome) se trouve aussi en Jean 16,19-22 et en Isaïe 66,7. La naissance ainsi signifiée est quelque chose de plus qu’une naissance biologique. v. 3 : Le dragon rouge-feu est un symbole de meurtre et de persécution. La Mishna considère le dragon comme étant l’œuvre de l’idolâtrie. L’auteur de l’Apocalypse l’identifie au Diable et à l’ancien serpent. V. 4 : Le verbe « balayer » révèle la dimension colossale de ce monstre marin. V. 5 : Il n’y a pas de référence à la virginité de la femme, ni au fait que son enfant mâle soit un premier-né. V. 14 : « Un temps et des temps et la moitié d’un temps » rappelle les 42 mois (1 temps + 2 temps + ½ temps = 3 ½ temps x 12) des 1260 (42 x 30) jours du verset 6. Cela nous renvoie à la façon dont Matthieu subdivise sa généalogie en Matthieu 1,1-17, où on dénombre 3 x 14 générations. De même qu’il y a eu 42 générations symboliques avant la venue du Messie, de même il y en aura 42 autres jusqu’à son retour. V. 17 : Seuls ce passage et Genèse 3,15 insistent autant sur la descendance de la femme. |
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