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La liturgie nous fournit-elle des précisions sur la vie de Marie ?
Plusieurs événements touchant à la vie de Marie sont commémorés au cours des cycles de l’année liturgique des Églises catholiques, orthodoxes ou autres. Les plus importantes célébrations des calendriers liturgiques actuels sont présentées ci-dessous, suivies d’un tableau récapitulatif.
8 décembre La fête catholique de l’ « Immaculée Conception » célèbre les origines de l’existence terrestre de Marie. Quoique non mentionnée dans les Écritures, l’origine historique de la mère de Jésus n’en demeure pas moins un fait indéniable. Sous le titre « La
Conception de Sainte Anne » [à savoir lorsque Anne a conçu la Theotokos],
cette fête était célébrée le 9 décembre dans l’Orient chrétien, peut-être déjà
au
8 septembre Neuf mois après avoir fêté la conception de Marie, l’Église commémore sa naissance ou « Nativité » le 8 septembre. Là non plus, l’événement n’est pas mentionné dans la Bible, mais là aussi il a incontestablement eu lieu. La célébration liturgique est apparue en Orient au quatrième siècle. Nombre des détails que la liturgie présente aux fidèles ont été influencés par un écrit apocryphe, le Protévangile [ou Premier Évangile] de Jacques qui date de l’an 150 environ. Par exemple, les noms des parents de Marie, Anne et Joachim, ne figurent pas dans les Écritures canoniques. Rien, aucun témoignage apostolique ne vient confirmer cela avant le Protévangile de Jacques. L’Église ne place pas ce document au même niveau que l’Écriture sainte. Il est toutefois possible d’accepter la vérité spirituelle qui sous-tend ce récit, sans nécessairement en attribuer à chaque détail une exactitude littérale et historique. La signification profonde de ce texte est que, dès le moment de sa naissance et même bien avant, la Mère de Dieu a été spécialement consacrée par l’Esprit Saint, choisie et marquée par Dieu.
21 novembre Le 21 novembre, l’Église catholique célèbre la mémoire de la « Présentation de Marie au Temple » (dans l’usage oriental : l’ « Entrée de la Theotokos au Temple »). De même que pour la conception et la naissance de Marie, certains détails n’ont pas de fondement apostolique et ne sont pas mentionnés avant le Protévangile de Jacques. On sait même au contraire que les juifs ne présentaient au Temple que leurs garçons premiers-nés. Pourtant, comme l’Écriture nous apprend que des membres de la famille de Marie appartenaient aux milieux sacerdotaux, des récits faisant état d’une occasion au cours de laquelle Marie aurait été consacrée à Dieu à Jérusalem paraissent plausibles. En dehors des détails apocryphes et de toute spéculation académique, au cœur de cette célébration se trouve l’expression de la consécration totale de Marie à Dieu, qui la prépare à sa future vocation de Mère du Verbe incarné.
25 mars Le 25 mars, l’Église célèbre l’ « Annonciation du Seigneur », soit l’annonce de l’Incarnation faite à Marie par l’ange Gabriel. Cette fête commémore des événements rapportés par l’Évangile de Luc (1,26-38). La date tombe souvent en carême. Malgré cela, la fête rappelle un événement si capital pour le christianisme que le rite byzantin prescrit une liturgie festive même si la date devait tomber le Vendredi saint !
31 mai Quelque part – « En ces
jours-là… » selon les Écritures (Lc 1,39) – entre l’Annonciation et la Nativité
de Jean-Baptiste célébrée le 24 juin, l’Église catholique commémore la visite
que Marie, enceinte du Christ, a fait à sa cousine Élisabeth, elle-même enceinte
de Jean-Baptiste et dans les derniers mois de sa grossesse. L’événement est
rapporté par la Bible (cf. Lc 1,39-56). La fête est célébrée le dernier jour de
mai, en clôture du mois consacré à Marie.
25 décembre Neuf mois après l’Annonciation, l’Église célèbre la naissance du Christ ou « Nativité du Seigneur » le 25 décembre. Les Évangiles de Matthieu et de Luc fournissent de nombreux détails sur cet événement. Le jour suivant, le 26 décembre, le rite byzantin célèbre une fête mineure – la Synaxis – en l’honneur de Marie, la mère de celui dont la naissance a été célébrée la veille.
1er janvier Le rite romain, celui de l’Église catholique, célèbre quant à lui la maternité de Marie non pas le 26 décembre, mais à la fin de l’Octave de Noël, soit le 1er janvier, et en fait une solennité, celle de « Marie, Mère de Dieu ». À cette date, les Églises orientales commémorent pour leur part la « Circoncision de Jésus » (cf. Lc 2,21), une fête qui a aussi une dimension mariale.
6 janvier Le 6 janvier est célébrée la fête de l’ « Épiphanie », d’un mot grec qui veut dire « manifestation ». Les Églises orientales commémorent à cette occasion le baptême du Christ dans le Jourdain (cf. Mt 3,13-17 ; Mc 1,9-11 ; Lc 3,21-22 ; Jn 1,24-37). De son côté, le rite romain inclut un élément marial dans cette « manifestation du Seigneur », en rappelant ce jour l’adoration des mages [tout en n’oubliant pas le baptême du Christ], qui est rapportée quant à elle en Mt 2,1-12.
2 février Le 2 février, le quarantième jour après Noël, les chrétiens célèbrent la fête de la « Présentation du Seigneur au Temple » [appelée « Rencontre du Seigneur » dans l’Orient chrétien]. Cette fête commémore la présentation de Jésus bébé dans le Temple de Jérusalem quarante jours après sa naissance, ainsi que sa rencontre avec le vieillard Siméon et la prophétesse Anne (cf. Lc 2,22-38). Cette fête a aussi été considérée comme celle de la purification de Marie vu que les mères juives étaient tenues de prendre un bain rituel de purification [ou Mikvah] quarante jours après l’accouchement.
15 septembre Les Églises orientales rappellent en ce jour les « Douleurs de Marie » durant le cycle de la Passion du Christ (cf. Jn 19,25). Pour les catholiques romains, le 15 septembre est la mémoire de « Notre Dame des Douleurs ».
15 août Enfin, l’ « Assomption » de
Marie est célébrée le 15 août. La commémoration liturgique de la « Dormition »
de Marie [Dormitio ou Koimesis] a son origine dans l’Orient De même que pour la Conception et la Nativité de Marie, nombre des détails en lien avec cet événement se trouvent seulement dans des textes apocryphes tardifs (p.ex. le Transitus Mariae du cinquième siècle). Bien que cet événement manque de bases bibliques et apostoliques explicites, le fait qu’il n’existe aucune relique posthume de Marie (p.ex. des os) demeure suggestif. En 1950, le pape Pie XII a défini l’Assomption de Marie aux cieux comme un dogme du catholicisme romain que : « l’Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste ». Le dogme a été proclamé dans l’encyclique Munificentissimus Deus.
Après être entrée dans la gloire céleste, Marie est restée active dans la vie de l’Église. De nombreux chrétiens croient qu’elle a parfois manifesté son souci du monde au moyen d’apparitions et de guérisons miraculeuses. Certains de ces événements sont commémorés dans les calendriers liturgiques (p.ex. « Notre Dame de Lourdes » dans le calendrier romain le 11 février ou la « Protection de Marie » dans le calendrier byzantin le 1er octobre – voyez le tableau).
Remarque : Les célébrations liturgiques n’ont pas toutes la même dignité : elles varient selon l’importance de l’événement ou de la personne commémorée dans l’histoire du salut. Ainsi, au bas de l’échelle on trouve la mémoire optionnelle puis, au fur et à mesure que l’on gravit les échelons, on a la mémoire obligatoire, ensuite la fête et enfin, au sommet, la solennité, souvent de précepte ou d’obligation pour les fidèles.
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