Qu’est-ce que la Communion des Saints et quelle y est la place de Marie ?

 

L’expression « Communion des Saints » fait partie du Credo des Apôtres et constitue une interprétation de ce que signifie la « Sainte Église Catholique » : l’Église est la communion des saints.

 

  1. Comme tous les fidèles forment un seul corps, le bien accompli par chacun (comme l’absence de bien) est communiqué à tous.

 

  1. Nous croyons ainsi qu’il y a communion de bien dans l’Église : tête et corps ; Église de ce temps et Église éternelle.

 

  1. La source de tout bien est le Christ, tête de la Communion des Saints. Les richesses du Christ sonr communiquées à tous les membres par l’Esprit du Christ qui gouverne l’Église.

 

  1. Comment cela se passe-t-il ? « Sancta Santis » ! Ce qui signifie « par les choses saintes » (sancta : les sacrements, les sacramentaux, la Parole de Dieu, les œuvres de charité, etc.) et « par les personnes saintes » (sancti : les fidèles). Les saints, comme nous les entendons couramment (notamment Marie et les autres) sont des conducteurs particulièrement sensibles des dons de la grâce, tant dans la façon de les recevoir que dans la façon de les partager avec les autres membres de la communion. Les saints exercent ainsi une certaine fonction régulatoire et compensatrice au niveau du corps tout entier : de par leur plus grande sensibilité et réceptivité, ils facilitent le contact avec la source et l’accès à cette dernière, tout comme ils assurent une distribution compensatoire des biens spirituels (les saints promeuvent la sainteté de l’Église-Corps).

 

  1. En termes plus existentiels, les saints sont des auxiliaires et des représentants spéciaux de la vie spirituelle telle qu’elle est définie par les vertus de « foi, espérance et charité ». Les saints signalent l’importance radicale de la foi (décision pour Dieu comme don de sa grâce), la nécessité de l’espérance (persévérance et fidélité dans les voies de Dieu comme dons de sa grâce) et le triomphe ultime de la charité (union progressive puis définitive avec Dieu et les hommes comme don de sa grâce). Les saints sont les agents hautement visibles de la communion de foi, la communion des sacrements, la communion des charismes et la communion de charité. La foi, l’espérance et la charité sont des éléments essentiels d’une spiritualité créative ; elles représentent notre dépendance radicale de Dieu. Marie et les saints sont des champions de foi, d’espérance et de charité et, donc, ne sont en aucune façon des substituts de Dieu.

 

  1. L’intercession doit être comprise dans ce contexte. Elle est une expression de la communion au-delà du temps et de l’espace. Jouissant d’une présence intime et d’une connaissance immédiate de la réalité divine, les saints accueillent les dons de Dieu avec plus d’abondance pour eux-mêmes et pour les autres vu que tout, dans le christianisme est pour le partage. Cela ne se passe par contre la volonté de Dieu. L’idée même de l’Incarnation et de la Rédemption est fondée sur le partage : la Trinité partage le Christ avec nous ; le Christ partage la Père avec nous ; l’Esprit est l’expression de l’amour partagé entre le Père et le Fils et prolonge la mission salvatrice du Christ. En pratiquant l’intercession, nous faisons nôtre l’attitude même du Christ qui partage sa grâce aux gens qui en ont besoin et nous accomplissons sa volonté de faire de l’Église un lieu de partage. Nous savons aussi que, quel que ce soit le résultat de notre prière, il aura toujours pour origine celui qui est la source de toute grâce.

 

  1. On trouve (aussi bien chez les catholiques que les protestants) des malentendus au sujet de l’intercession, notamment en ce qui concerne le lien qui existe entre intercession et miracle. Les saints ne sont pas en premier lieu des faiseurs de miracles matériels, mais des personnes qui partagent des biens spirituels. Ils ne sont pas en premier lieu des guérisseurs, mais des personnes qui oeuvrent à augmenter le niveau de foi, d’espérance et de charité. Nos demandes de faveurs personnelles doivent être exprimées dans le cadre d’une plus grande intimité avec Dieu, de la persévérance sur ses chemins et de l’unité entre les fidèles.

 

  1. Le rôle de Marie dans ce contexte est multiple, mais il peut être résumé dans le titre suivant : Mère de l’Église. Marie a été totalement unie à son Fils ici-bas. Dans son assomption, elle participe de façon singulière à sa Résurrection et anticipe la resurrections des autres chrétiens. Elle est ainsi notre mère dans l’ordre de la grâce. Sa coopération à l’œuvre du Sauveur dans l’obéissance, la foi, l’espérance et la charité se poursuit. Sa tâche première en tant que Mère de l’Église, est de participer à la restauration de la vie surnaturelle dans les âmes. En cela, elle est temple de l’Esprit, dont elle est également le chef d’œuvre et le fidèle instrument. L’influence salutaire de la Vierge Marie en nous « découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle s’appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d’où elle tire toute sa vertu » (Concile Vatican II, Lumen Gentium, 60).

 

 

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