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Qu’est-ce que la Communion des Saints et quelle y est la place de Marie ?
L’expression « Communion des Saints »
fait partie du Credo des Apôtres et constitue une interprétation de ce que
signifie la « Sainte Église Catholique » : l’Église est la communion des saints.
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Comme tous les fidèles forment un
seul corps, le bien accompli par chacun (comme l’absence de bien) est
communiqué à tous.
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Nous croyons ainsi qu’il y a
communion de bien dans l’Église : tête et corps ; Église de ce temps et
Église éternelle.
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La source de tout bien est le
Christ, tête de la Communion des Saints. Les richesses du Christ sonr
communiquées à tous les membres par l’Esprit du Christ qui gouverne
l’Église.
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Comment cela se passe-t-il ? « Sancta
Santis » ! Ce qui signifie « par les choses saintes » (sancta : les
sacrements, les sacramentaux, la Parole de Dieu, les œuvres de charité,
etc.) et « par les personnes saintes » (sancti : les fidèles). Les saints,
comme nous les entendons couramment (notamment Marie et les autres) sont des
conducteurs particulièrement sensibles des dons de la grâce, tant dans la
façon de les recevoir que dans la façon de les partager avec les autres
membres de la communion. Les saints exercent ainsi une certaine fonction
régulatoire et compensatrice au niveau du corps tout entier : de par leur
plus grande sensibilité et réceptivité, ils facilitent le contact avec la
source et l’accès à cette dernière, tout comme ils assurent une distribution
compensatoire des biens spirituels (les saints promeuvent la sainteté de
l’Église-Corps).
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En termes plus existentiels, les
saints sont des auxiliaires et des représentants spéciaux de la vie
spirituelle telle qu’elle est définie par les vertus de « foi, espérance et
charité ». Les saints signalent l’importance radicale de la foi (décision
pour Dieu comme don de sa grâce), la nécessité de l’espérance (persévérance
et fidélité dans les voies de Dieu comme dons de sa grâce) et le triomphe
ultime de la charité (union progressive puis définitive avec Dieu et les
hommes comme don de sa grâce). Les saints sont les agents hautement visibles
de la communion de foi, la communion des sacrements, la communion des
charismes et la communion de charité. La foi, l’espérance et la charité sont
des éléments essentiels d’une spiritualité créative ; elles représentent
notre dépendance radicale de Dieu. Marie et les saints sont des champions de
foi, d’espérance et de charité et, donc, ne sont en aucune façon des
substituts de Dieu.
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L’intercession doit être comprise
dans ce contexte. Elle est une expression de la communion au-delà du temps
et de l’espace. Jouissant d’une présence intime et d’une connaissance
immédiate de la réalité divine, les saints accueillent les dons de Dieu avec
plus d’abondance pour eux-mêmes et pour les autres vu que tout, dans le
christianisme est pour le partage. Cela ne se passe par contre la volonté de
Dieu. L’idée même de l’Incarnation et de la Rédemption est fondée sur le
partage : la Trinité partage le Christ avec nous ; le Christ partage la Père
avec nous ; l’Esprit est l’expression de l’amour partagé entre le Père et le
Fils et prolonge la mission salvatrice du Christ. En pratiquant
l’intercession, nous faisons nôtre l’attitude même du Christ qui partage sa
grâce aux gens qui en ont besoin et nous accomplissons sa volonté de faire
de l’Église un lieu de partage. Nous savons aussi que, quel que ce soit le
résultat de notre prière, il aura toujours pour origine celui qui est la
source de toute grâce.
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On trouve (aussi bien chez les
catholiques que les protestants) des malentendus au sujet de l’intercession,
notamment en ce qui concerne le lien qui existe entre intercession et
miracle. Les saints ne sont pas en premier lieu des faiseurs de miracles
matériels, mais des personnes qui partagent des biens spirituels. Ils ne
sont pas en premier lieu des guérisseurs, mais des personnes qui oeuvrent à
augmenter le niveau de foi, d’espérance et de charité. Nos demandes de
faveurs personnelles doivent être exprimées dans le cadre d’une plus grande
intimité avec Dieu, de la persévérance sur ses chemins et de l’unité entre
les fidèles.
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Le rôle de Marie dans ce contexte
est multiple, mais il peut être résumé dans le titre suivant : Mère de
l’Église. Marie a été totalement unie à son Fils ici-bas. Dans son
assomption, elle participe de façon singulière à sa Résurrection et anticipe
la resurrections des autres chrétiens. Elle est ainsi notre mère dans
l’ordre de la grâce. Sa coopération à l’œuvre du Sauveur dans l’obéissance,
la foi, l’espérance et la charité se poursuit. Sa tâche première en tant que
Mère de l’Église, est de participer à la restauration de la vie surnaturelle
dans les âmes. En cela, elle est temple de l’Esprit, dont elle est également
le chef d’œuvre et le fidèle instrument. L’influence salutaire de la Vierge
Marie en nous « découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle
s’appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d’où elle tire toute
sa vertu » (Concile Vatican II, Lumen Gentium, 60).
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