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Est-ce que les catholiques adorent Marie ?
Bien que les mots français « adorer » ou « adoration » soient parfois utilisés pour exprimer simplement de la vénération, de l’honneur qu’on rend, de l’affection qu’on porte ou un fort goût qu’on éprouve, ils sont généralement compris comme se référant au culte suprême qui n’est réservé qu’à Dieu et à lui seul. En ce dernier sens, les catholiques N’adorent PAS Marie, ni qui ou quoi que ce soit d’autre en dehors de Dieu.
Le Concile œcuménique qui s’est tenu à Nicée en 787 a débattu, en lien avec la question des images sacrées, de la vénération qui n’est pas portée aux personnes divines. À ce Concile, l’Église a enseigné que le type spécial de culte appelé « adoration » ou « latrie » ne peut être offert qu’à Dieu. Le mot « latrie » dérive d’un terme grec signifiant « asservissement ». Cependant, l’Église a aussi reconnu que certaines personnes, quoique créatures de Dieu, peuvent être honorées ou vénérées à un degré moindre par rapport à l’allégeance absolue due à Dieu. Les Pères conciliaires ont qualifié cette dévotion subordonnée de « dulie », mot qui vient d’un terme grec signifiant « service ». Une telle vénération convient au cas de Marie et des saints.Vu le rôle important joué par Marie en tant que Mère de Jésus dans l’histoire du salut, l’Église a également reconnu que Marie, parmi tous les saints, pouvait être l’objet d’une dulie particulière. Pour désigner ce degré éminent de dévotion, St Thomas d’Aquin (mort en 1274) a suggéré d’employer le terme d’« hyperdulie » à propos de Marie.
Non, les catholiques n’adorent pas Marie. Car elle n’est pas Dieu. Adresser une prière à Marie, c’est comme demander de l’aide à une amie proche et chère. Est-ce que nous faisons de nos amis des dieux lorsque nous leur demandons de nous garder dans leurs prières ? Est-ce que nous les divinisons lorsque nous leur demandons le soutien de leurs prières dans la maladie ou les épreuves de la vie ? Les croyants sur terre et au ciel forment une communauté vivante que la majorité des confessions chrétiennes appelle la communion des saints. Les saints au ciel ne sont pas morts. L’exemple de leur vie chrétienne et leur proximité de Dieu en font de puissants alliés pour nous mortels. Ils ne prennent pas la place de Dieu ; ils sont l’expression de sa grâce.
De même, il n’y a rien en Marie qui n’aurait pas été en Dieu et ne viendrait pas de lui. Elle est un pur produit de Dieu ; là est la signification essentielle de l’absence de péché en Marie. Il ne faut jamais l’oublier : si Dieu voulait exclusivement une relation directe entre lui-même et chacun d’entre nous, il n’aurait jamais envoyé Jésus Christ, le Fils incarné de Dieu, jamais permis que l’Écriture devienne le fondement de notre foi, jamais encouragé son Fils à fonder l’Église ou à instituer les sacrements. Le christianisme est la religion de la médiation. La médiation du Christ est essentielle et fondamentale. Celle de l’Église participe de celle du Christ et lui est subordonnée ; ce qui vaut, aussi, à des degrés divers, pour celle de ses membres, les croyants.
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