Qu’est-ce qu’une consécration ?

 

La « consécration » est un terme bien connu dans l’histoire de la spiritualité. La consécration a des racines bibliques et est devenue objet de la quête de nombreux saints et de grands spirituels au cours des siècles. Les martyrs, les vierges, les moines sont appelées « personnes consacrées ». La consécration peut être aussi bien individuelle que communautaire. On a commencé à la promouvoir comme forme d’oblation en Espagne aux 15ème et 16ème siècles et elle est devenue objet d’attention spéciale en France au 17ème siècle. Les grandes figures qui y ont marqué le mouvement de la Consécration furent St Louis-Marie Grignion de Montfort, St Jean Eudes et Ste Marguerite-Marie Alacoque. Entre le 19ème et le 20ème, les papes Léon XIII et Pie XI ont prêté leur voix au mouvement. La Légion de Marie, St Maximilen Kolbe et sa Milice de l’Immaculée ainsi que divers groupes inspirés de Fatima s’y sont aussi joints. En ce même 20ème siècle, des nations entières ont été consacrées à Marie (Portugal, Italie, Pologne…) et, sur la base du message de Fatima, la consécration du monde entier a été demandée. Ce qui fut fait le 24 mars 1984 par le pape Jean-Paul II en union avec les évêques du monde. Lucie, la voyante survivante de Fatima, a considérée cette consécration à la fois suffisante et efficace. Le 8 octobre suivant, après la célébration de la messe, les évêques unis au Saint Père prononcèrent un « Acte de consécration » à la Vierge Marie

 

Quelle est alors la signification d’une consécration ?

 

            1. C’est Dieu qui consacre

            Au départ et au sens strict, il n’y a de place que pour un seul type de consécration, celle faite par Dieu lui-même. C’est ce qu’on appelle la consécration objective. Seul Dieu peut s’approprier un être humain et le rendre sacré. Dieu nous communique sa sainteté ; il nous donne de participer à sa sainteté. Il est notre créateur et nous veut à son image. Cette transformation à sa ressemblance constitue la signification fondamentale de la consécration.

 

            2. La consécration est une réponse

            Notre consécration est dès lors essentiellement une réponse à l’appel de Dieu. En acquiesçant, nous nous lions à une consécration qui vient de Dieu. Nous nous consacrons nous-mêmes pour appartenir à Dieu d’une façon nouvelle. En fait, cette nouvelle façon est la seule manière par laquelle nous devenons véritablement ceux que nous sommes. L’exemple parfait de consécration divino-humaine est Jésus Christ lui-même. Il est l’ « Oint » (Messie), ce qui signifie qu’il appartient totalement à Dieu. Lorsque, par un acte libre de sa personne (intelligence, volonté, affectivité), il accepte sa mission pour le salut du monde (Jn 17,19.30), il se consacre lui-même. C’est ce qu’on appelle sa consécration subjective en réponse à la consécration objective de son être qui se produit dans son humanité au moment de l’Incarnation.

 

            3. La consécration dans le Christ à travers le baptême

            Le Christ transmet à ses disciples une appartenance à Dieu très spéciale. Il nous donne sa propre vie en nous faisant participer à sa propre consécration. Cela advient dans le baptême. Le baptême est notre première consécration et la plus importante. Le baptême est notre consécration objective. Avec le Christ et par lui nous sommes destinés et préposés à la gloire de Dieu et au salut du monde. Il y a une signification radicale à cette mission : de par le baptême, nous n’appartenons plus à nous-mêmes, mais au Christ qui nous transmet sa vie.

 

            4. Une conséquence du baptême

            Ce que nous appelons communément consécration – notre consécration subjective à travers les promesses, le renouvellement des promesses baptismales, la confirmation et les vœux – est une consécration par adhésion volontaire à ce que le baptême a fait de nous. Nous promettons de vivre en tant qu’enfants de Dieu et réalisons de la sorte subjectivement notre consécration objective. Toutes les consécrations qui suivent le baptême sont enracinées dans cet acte premier de notre vocation chrétienne.

 

            5. La consécration à Marie

            Pouvons-nous nous consacrer à Marie ? Marie n’est pas le Créateur, elle n’est pas le Rédempteur. Elle est le contraire d’une déesse ; elle ne s’est jamais prise pour Dieu. Mais Dieu a voulu qu’elle ait quelque chose à voir avec notre vie chrétienne, avec notre sanctification. Ce rôle lui a été confié par Dieu. Parce qu’elle est en parfaite union avec son fils et lui est subordonnée, le Concile Vatican II l’appelle « notre mère dans l’ordre de la grâce » (Lumen Gentium 61).N’oublions pas que Marie est le prototype de la consécration parfaite au début du Nouveau Testament. Elle a été choisie pour nous aider dans notre consécration à travers son intercession et son attention maternelle qui nous disposent à accueillir les dons de Dieu que nous recevons dans le baptême. Elle est l’exemple parfait de l’Église et le modèle de tous les fidèles. Dans sa réponse spirituelle totale à l’inspiration de l’Esprit Saint, elle est le chef d’œuvre de Dieu dans la création.

 

            Toutes les consécration à Marie sont orientées par et vers l’Esprit (orientation christocentrique et théocentrique). La consécration à Marie est une consécration au « moyen parfait » (Montfort) par lequel Jésus a choisi de s’unir à nous et réciproquement. La consécration à Marie doit explicitement déclarer que notre but et fin ultime est Dieu (Esprit Saint ; notre Seigneur Jésus Christ). Les consécrations à Marie où on se promet d’accomplir toute action « par Marie, en Marie et pour Marie » sont en fait une promesse de les accomplir plus parfaitement par Jésus Christ, avec lui, en lui et pour lui. La consécration au Cœur de Marie doit donc maintenir l’unité vitale entre le Cœur de Marie et le Cœur de Jésus. Nous devons nous confier au Cœur de Marie en vue de notre consécration à Dieu. Nous nous offrons à cette consécration divine à travers Marie car elle indique le chemin du Cœur de Jésus.

 

 

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