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Que sont les « Messes en l’honneur de la Vierge Marie » ?
Les Messes en l’honneur de la Vierge Marie, publiées par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements (= CCDDS) en 1986, sont un recueil de 46 messes à l’usage des sanctuaires marials et des communautés désireuses de célébrer la mémoire de la Vierge Marie le samedi. Publié originellement en deux volumes, un missel et un sacramentaire, son statut en tant que livre liturgique officiel confère une autorité à la fois à chacune des messes et aux principes contenus dans les Préliminaires.
Les Messes furent approuvées par la CCDDS en réponse à celles et ceux qui souhaitaient disposer d’un plus grand choix de textes pour célébrer la participation de Marie au mystère du Christ tout au long de l’année liturgique. Les textes ont des provenances diverses : d’anciens sacramentaires, le Missel Romain de Paul VI ainsi que des formulaires composés récemment par des congrégations religieuses ou des diocèses et soumis à la CCDDS pour approbation (parmi les congrégations religieuses dont les textes ont été utilisés figurent les Servites de Marie et les Passionistes ; le propre des Marianistes pour la célébration du Saint Nom de Marie fut inclus avec une nouvelle préface). Certains textes ont été composés directement par des membres de la CCDDS.
Ces nouvelles messes peuvent être considérées comme un élargissement des textes marials qui se trouvent dans le Missel de Paul VI. La messe mariale la plus fréquemment utilisée jusqu’alors, celle du « Commun de la Vierge Marie », était jugée « théologiquement mince et thématiquement monotone ». Le nouveau recueil offre désormais une riche variété de textes scripturaires et liturgiques pour célébrer la mémoire de la Vierge Marie le samedi ou d’autres messes votives en harmonie avec les temps de l’année liturgique. Beaucoup de références à Marie sont extraites de l’encyclique Marialis Cultus de Paul VI en 1974 : demeure de l’Esprit Saint, mère de l’Église, disciple du Christ, modèle de la foi, notre sœur, la femme nouvelle, etc.
Les 46 messes sont arrangées selon le découpage de l’année liturgique : Avent (3), Noël (6), Carême (5), Pâques (4) et Temps ordinaire (28). Le temps de l’Avent célèbre « le double Avènement du Seigneur : le premier, dans l’humilité, quand, à la plénitude temps (…), le Fils de Dieu, prenant chair de la Vierge Marie, est venu dans le monde pour sauver les hommes ; le second, dans la gloire, lorsqu’il viendra à la fin des temps juger les vivants et les morts (…) et conduire les justes dans la maison du Père, où la Vierge Marie les a précédés dans la gloire ». Au temps de Noël, il est rappelé que la Vierge Marie « a été présente de manière toute spéciale aux mystère de l’enfance et aux manifestations du Seigneur : à la naissance de Jésus, à sa manifestation aux bergers et aux mages, à sa présentation au Temple (…) ; à la fuite en Égypte, au recouvrement de Jésus au Temple, à sa vie cachée et laborieuse en compagnie de Joseph dans la maison de Nazareth ; enfin aux noces de Cana, où elle pria son fils en faveur des époux, et où il accomplit le premier de ses signe et manifesta sa gloire (…) ». Pendant le Carême, Marie est proposée aux fidèles « comme le modèle du disciple qui écoute fidèlement la parole de Dieu et met ses pas dans les pas du Christ jusqu’au Calvaire (…) » [Depuis la suppression, en 1960, de la commémoration des Sept Douleurs de Marie au cours de la Semaine Sainte, nombreux ont été ceux qui ont demandé qu’à un moment au cours du Carême il soit fait mémoire de celle qui s’est « associée au sacrifice de son Fils avec un cœur maternel ».] Au cours du Triduum pascal, Marie se présente comme « la femme nouvelle qui, debout près de l’arbre de vie (…), est associée au Christ, l’homme nouveau, et comme la mère à qui le Seigneur recommande tous ses disciples (…) ». Durant le Temps pascal, Marie est celle qui est « remplie de joie à cause de la résurrection de son fils, persévérant dans la prières avec les Apôtres, implorant avec eux dans la foi le don de l’Esprit Saint (…) ». Au Temps ordinaire, les formulaires de messes « célèbrent tous le même mystère : ce que Dieu a accompli dans la Vierge Marie en relation avec le Christ et l’Église, mais sous des aspects multiples et variés ».
Les Préliminaires du recueil détaille le rôle et la présence de Marie dans la liturgie. « Les messes en l’honneur de la Vierge Marie tirent leur raison d’être et leur valeur de l’intime participation de la Mère du Christ à l’histoire du salut. » Avant tout, dans chaque commémoration de Marie, l’Église célèbre « les événements du salut, auxquels, selon le dessein de Dieu, elle (Marie) a été associée en vue du mystère du Christ ». Le lectionnaire de textes scripturaires de l’Ancien et du Nouveau Testament est basé sur la conviction que toutes les Écritures constituent « un corps unique, rempli du mystère du Christ et de l’Église ». La Vierge Marie se reflète dans le mystère du Christ présent dans les Écritures.
Les Préliminaires passent en revue la présence de Marie tout au long de l’histoire du salut. Au premier moment de cette histoire – l’Ancien Testament –, la figure de Marie est suggérée ou annoncée de manières diverses. « Aussi certains événements, figures ou symboles de l’Ancien Testament préfigurent-ils ou évoquent-ils admirablement la vie et la mission de la Vierge Marie, Fille de Sion et Mère du Christ. » Marie est préfigurée dans Ève, dans Abraham, Moïse, Ruth, Anne, Judith, Esther, dans la mère des sept Maccabées, dans l’épouse du Cantique des Cantiques, dans la fille de Sion, le buisson ardent, l’arche d’alliance, la cité de Dieu et dans le Temple de Jérusalem.
Au deuxième moment, celui du salut pleinement révélé en Jésus Christ, Marie précisément celle qui « est entrée intimement dans l’histoire du salut ». Elle est présente dans les mystères du Christ en tant que mère du « Christ, notre Dieu » (messe 26) ; que « première créature du peuple nouveau » (messe 20) ; que « mère du Rédempteur et associée à son œuvre » (messe 30) ; que celle qui « s’est mise au service du mystère de la rédemption » (messe 22) ; et que « associée à la passion du Christ » (messe 12).
Au troisième moment de l’histoire du salut, le « temps de l’Église », Marie est « modèle de la Mère Église » (messes 16 et 17) ; « modèle de l’Église en prière » (messe 25) ; « celle qui accompagne et protège l’Église de son amour maternel » (messe 25) ; « modèle de culte authentique » (messe 26).
Les 46 formulaires du recueil des Messes en l’honneur de la Vierge Marie proviennent d’époques et de sources différentes. Certains reflètent un moment particulier de l’histoire de la dévotion mariale ou bien un mystère ou un titre d’importance particulière pour un diocèse ou une congrégation religieuse. En mettant ces textes à la disposition de tous, le recueil offre de nouvelles possibilités à la dévotion mariale en lien avec la liturgie. Nous espérons que ces nouveaux titres, images et contextes dans lesquels Marie apparaît influenceront la dévotion populaire et alimenteront l’art, la poésie, la prière, le chant marials.
Il existe une traduction française des 46 messes, publiées en un volume sous le titre Messes en l’honneur de la Vierge Marie, par Desclée et Mame, à Paris, en 1988.
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